Enquête sur les conséquences des VSS

Vous le savez, le mouvement #MeToo de 2017 en France a permis à une partie plus large de la société de commencer à mesurer l’ampleur des violences sexistes et sexuelles.

Petit rappel important : #MeToo est d’abord porté par Tarana Burke, militante afro-américaine, qui en a fait un cadre politique et collectif.

Depuis, quelque chose s’est un peu ouvert. Les mots viol, agression, harcèlement, inceste ne sont plus entièrement confinés au silence individuel. On comprend peu à peu que le danger est plus souvent dans l’intime que dans l’espace public.

On parle davantage, mais cette parole reste enfermée dans des espaces déjà convaincus, pendant que le reste de la société continue de l’ignorer et de la minimiser.

Les VSS ne sont pas des faits isolés, elles s’inscrivent dans un continuum. Et ce continuum ne s’arrête pas quand on parle ou quand on part. Les victimes parlent et on doute. Elles portent plainte et on classe. Elles racontent et on les soupçonne. Elles nomment l’inceste, les violences conjugales, familiales, médicales, les agressions et viols répétés, et on minimise encore trop souvent dans l’intime que dans l’espace public.

Les impacts sur la santé mentale, les corps, la sexualité, les relations, la capacité à travailler, à étudier, à vivre sans alerte permanente sont documentés. Les traumatismes répétés, l’inceste, les violences intrafamiliales, l’emprise ont des effets psychiques, physiologiques et sociaux établis.

Les aides efficaces aussi sont connues : reconnaissance sans mise en doute, institutions formées, justice qui ne décourage pas, soins accessibles et compétents, compréhension du trauma, environnements qui ne reproduisent pas la violence. Ces savoirs existent et sont portés par des clinicien.nes, des chercheur.ses et des professionnel.les du soin, du droit et du social.

Le problème n’est pas un manque de connaissances, non, le problème est politique.
On voit des figures publiques accusées de violences sexuelles continuer à être défendues et soutenues. Les grands hommes, les monstres sacrés. Et les mêmes mécanismes existent à l’échelle ordinaire : des statuts sociaux comme “bon père de famille”, “homme sérieux” “voisin sans histoire” agissent comme des protections, et rendent certaines paroles plus crédibles que d’autres. Ces mécanismes se superposent aussi à des imaginaires racistes déjà présents dans la société.

Le message envoyé aux victimes reste le même : leurs vécus sont mis en doute. Mais les conséquences, elles, s’installent et s’accumulent partout, dans les corps, la santé mentale, les relations, les trajectoires de vie. Elles isolent et elles précarisent.

C’est pour cela que nous lançons cette enquête. Nous ne partons pas de zéro et nous ne réinventons rien. Nous nous inscrivons dans des savoirs et des luttes déjà là. Nous cherchons à les prolonger en rendant visibles des vécus et des conséquences encore peu entendus ou insuffisamment documentés.

Le questionnaire ?

L’objectif est de recueillir à la fois des données et des témoignages afin de rendre visibles des impacts encore largement minimisés, notamment sur la santé physique, mentale et la vie quotidienne.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’être davantage présentes sur le terrain, en produisant une forme d’étude à partir d’un appel large à participation. Nous cherchons à toucher un public le plus divers possible, tout en étant conscientes que ce type d’outil ne pourra pas refléter l’ensemble des situations ni atteindre toutes les victimes.

On remercie toutes les personnes qui ont pris ou prendront le temps d’y répondre.

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